Vipère de Seoane

La Vipère de Seoane (Vipera soeanei) aux couleurs et aux motifs variables est habitante des paysages atlantiques de l’extrême sud-ouest de la France hexagonale. Elle évolue au milieu des landes, prairies bocagères ou lisières humides où la dense végétation facilite sa discrétion. Créature prudente et farouche, elle se laisse rarement observer. Consommatrice de petits vertébrés tels que les micro-mammifères, elle participe à l’équilibre de l’écosystème qu’elle occupe. Espèce particulièrement sensible aux dérangements, elle se ne maintient que dans des espaces relativement tranquilles et préservés.

Reptile

70 à 150g

Milieux ouverts et hétérogènes, comprenant des abris (pierres, buissons, ronciers, murets, terriers…)

Nom scientifique : Vipera seoanei

Entre 40 et 50 cm

Micromammifères, plus rarement des lézards ou des amphibiens

Supérieure à 10 ans

Zone très restreintre de l’extrême sud-ouest de la Nouvelle-Aquitaine

Répartition

Retrouvez ci-dessous la carte de répartition de la Vipère de Seoane. Validée par les experts du Plan national d’actions en faveur des vipères de France hexagonale, elle reflète l’état des connaissances à la date de mai 2024. Cette carte sera actualisée au fur et à mesure de l’acquisition de nouvelles données.

Statuts règlementaires et de protection

Catégorie Nom Critère
Monde Liste rouge mondiale des reptiles (UICN 2016) Quasi-menacée (NT)
Europe Liste rouge européenne des reptiles (UICN 2009) Quasi-menacée (NT)
France Liste rouge nationale des reptiles (Véron et al., 2026) En danger (EN)
France Protection stricte (arrêté du 8 janvier 2021, article 2) Protection stricte (arrêté du 8 janvier 2021, article 2)
Europe Directive Habitats – Annexe II et IV Annexe IV : espèce d'intérêt communautaire nécessitant une protection stricte
Europe Convention de Berne – Annexe II Annexe III : espèce protégée

Critères d'identification

 

Corps

Corps trapu constitué d'écailles carénées

Longueur allant de 40 à 50 cm, mais des individus peuvent mesurer jusqu'à 65 cm.

 

Queue

Queue courte et boudinée

Généralement plus courte chez les femelles.

 
Tête

Tête triangulaire et museau peu ou pas retroussé

Sur le dessus de la tête, multitude de petites écailles avec une plaque frontale et des plaques pariétales pouvant être plus ou moins divisées voire totalement absentes. En vue de profil, dans 2/3 des cas, les individus ne présentent qu'une seule rangée d'écailles entre l'œil et les écailles labiales supérieures ; le tiers restant présente un rang et demi, et une très faible proportion d'individus présente deux rangées d'écailles.

Pupille fendue verticalement et iris doré à orangé

 

Coloration

Coloration variable allant du beige, gris, brun jusqu'au rouge brique.

Sur le dos, l'ornementation est constituée d'une bande vertébrale continue et brodée de denticules de couleur foncée, avec des taches sombres plus ou moins diffuses sur les flancs. Ce motif est nettement plus contrasté chez les mâles, pouvant atteindre des colorations très sombres voire noires.

Photos

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Ces photographies ont été réalisées sans manipulation des individus, dans le respect de la réglementation relative aux espèces protégées.

Le saviez-vous ?

Une espèce presque endémique

La Vipère de Seoane est probablement l’un des serpents les plus rare de France hexagonale avec une distribution limitée à l’extrême sud-ouest du territoire. Endémique de la chaîne cantabrique, elle peut également être observée dans le nord de l’Espagne et du Portugal.

La langue bifide des vipères leur permet de capter les particules de l’air (odeur des proies par exemple) qui sont déposées ensuite dans l’organe de Jackobson situé dans le palais, et ainsi analyser l’environnement.

Donner naissance à des petits est particulièrement coûteux pour les femelles de vipères et dépend de leur condition physique. C’est pourquoi la reproduction n’a pas lieu tous les ans pour chaque individu. Certaines femelles ne se reproduisent qu’une seule fois au cours de leur vie.

Contrairement aux croyances, morsure de vipère ne rime pas toujours avec envenimation. Les données permettent d’estimer que près d’une morsure de vipère sur deux est dite « sèche » ou
« blanche », c’est-à-dire sans venin. Ce dernier étant coûteux et long à produire, la vipère préférera l’utiliser pour capturer ses proies plutôt que pour se défendre.

Espèces discrètes, les vipères sont particulièrement sensibles au dérangement. C’est notamment le cas de la Vipère de Seoane, espèce rare et recherchée des naturalistes venus nombreux pour l’observer ou la photographier causant le dérangement de l’espèce. À cette pression s’ajoute celle causée par la fréquentation touristique des sites qu’elle occupe.

Vrai pour toutes les vipères

Ressources

Pour aller plus loin

Vous souhaitez que nous vous accompagnons pour créer des fiches espèces ou tout autre interface cartographique et statistique, n’hésitez pas à utiliser le formulaire.

Une étude allemande qui étudie divers paramètres environnementaux influençant la présence et l’abondance des larves dans différentes unités paysagères d’une zone d’étude d’Europe centrale de plus de 5 000 km² : cliquez-ici

Une étude menée dans le Nord et le Pas-de-Calais examine les populations d’amphibiens en 1974, 1992 et 2011 : cliquez-ici

Vidéo (en anglais) sur la disparition des salamandres : cliquez-ici

  • Classe Sauropsida
    • Ordre Squamata
      • Famille Viperidae
        • Genre Vipera
          • Espèce seoanei
            Vipera seoanei