Cistude d'Europe
La Cistude d’Europe (Emys orbicularis), avec sa carapace sombre piquetée d’or, est une tortue d’eau douce discrète et mystérieuse des marais et étangs. Créature solaire et aquatique à la fois, elle alterne entre les rayons tièdes des berges et le silence des eaux profondes. D’un tempérament farouche, elle s’éclipse à la moindre alerte, mais cache une étonnante longévité, pouvant dépasser soixante années. Témoin fragile des zones humides, la cistude incarne la beauté secrète de ces milieux menacés, là où la lumière se reflète sur l’eau calme et où chaque mouvement reste une promesse de vie.
Moins d’1 kg
Environ 20 cm
Jusqu’à 60 ans en milieu naturel
Zones humides (mares, étangs, rivières, marais…)
Opportuniste (insectes, mollusques, petits poissons…)
Présente dans 8 grandes régions
Répartition
Découvrez deux cartes de répartitions sur la Cistude d’Europe ci-dessous. Ces cartes font état des connaissances en avril 2026. Elles sont susceptibles d’évoluer et peuvent être mises à jour.
Pour plus de détail sur les données, consultez notre :
Statuts de protection
| Catégorie | Nom | Critère |
|---|---|---|
| Monde | Liste rouge mondiale des reptiles (UICN 2016) | Quasi menacée |
| Europe | Liste rouge européenne des reptiles (UICN 2009) | Vulnérable |
| France | Liste rouge des reptiles (MNHN 2015) | Vulnérable |
| France | Protection nationale (arrêté 2007) | Protection stricte |
| Europe | Directive Habitats – Annexe II et IV | Espèce d’intérêt communautaire |
| Europe | Convention de Berne – Annexe II | Espèce strictement protégée |
Critères d'identification
Carapace bombée
- De forme ovale et légèrement aplatie sur les bords.
- Couleur brun foncé à noire, parfois avec des ponctuations jaunes ou claires (souvent discrètes chez les adultes).
Yeux et iris jaunes à orangés
- L’iris est souvent jaune ou orange avec une pupille ronde.
- Dimorphisme sexuel : Mâles : iris souvent rougeâtre/orangé. Femelles : iris plutôt jaune clair.
- Le regard est vif, avec un cercle orbital souvent clair.
Taches jaunes sur les pattes, la tête et le cou
- Très caractéristique : petites taches ou points jaunes (parfois blanchâtres) dispersés sur un fond noir/gris.
- Le motif peut varier d’un individu à l’autre.
- Ces marques sont un excellent critère pour la distinguer des tortues exotiques.
Plastron clair à motifs sombres
- Jaune clair avec des taches foncées bien délimitées.
- Mobile, surtout chez les jeunes, et permet parfois de refermer totalement la carapace.
- Chez les mâles adultes : plastron légèrement concave (facilite l’accouplement).
- Chez les femelles : plastron plat.
Queue
- Relativement longue, surtout chez les mâles.
- Chez les mâles : queue plus épaisse à la base, cloaque dépassant souvent le bord de la carapace.
- Chez les femelles : queue plus courte et fine, cloaque situé à l'intérieur du bord de la carapace.
Taille et aspect général
- Taille adulte : 16 à 20 cm (parfois un peu plus, surtout chez les femelles).
- Silhouette plus aplatie que les tortues terrestres.
- Adaptée à la vie aquatique : pattes palmées pour la nage.
Photos (iNaturalist)
Le saviez-vous ?
Un âge canonique
La Cistude peut vivre plus de 60 ans en milieu naturel, et certains individus captifs ont dépassé les 100 ans ! C’est l’un des reptiles les plus longévifs d’Europe.
Une championne de plongée
Elle peut rester en apnée plus d’une heure grâce à sa capacité à absorber l’oxygène par la peau et la muqueuse du cloaque, en plus de ses poumons.
Le soleil, c’est vital
La Cistude adore s’exposer au soleil sur des troncs ou des pierres. Ce “basking” lui permet de réguler sa température mais aussi de stimuler sa digestion et son système immunitaire.
Un camouflage surprenant
Ses motifs jaunes et sa carapace sombre la rendent presque invisible dans les zones aquatiques riches en végétation : même un observateur expérimenté peut passer à côté sans la voir !
Des déplacements inattendus
Bien que très aquatique, la Cistude peut parcourir plusieurs kilomètres à terre pour pondre, ou parfois pour rejoindre un autre point d’eau. Elle n’hésite pas à traverser routes ou champs.
Une reproduction tardive
Elle ne se reproduit qu’à partir de 6 à 12 ans, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux perturbations et à la disparition de ses habitats.
Ressources
Pour aller plus loin
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Une étude allemande qui étudie divers paramètres environnementaux influençant la présence et l’abondance des larves dans différentes unités paysagères d’une zone d’étude d’Europe centrale de plus de 5 000 km² : cliquez-ici
Une étude menée dans le Nord et le Pas-de-Calais examine les populations d’amphibiens en 1974, 1992 et 2011 : cliquez-ici
Vidéo (en anglais) sur la disparition des salamandres : cliquez-ici