Sensibiliser pour prévenir le relâché d’espèces exotiques

En France, de plus en plus de particuliers et de professionnels détiennent des espèces exotiques (reptiles, amphibiens, oiseaux, petits mammifères, etc.), dont certaines sont des NAC (nouveaux animaux de compagnie). Chacune de ces espèces exotiques nécessite des conditions de vie spécifiques : c’est le cas notamment des reptiles et des amphibiens. La  détention de ces animaux est, par ailleurs, encadrée par une réglementation contraignante. 

Depuis plusieurs décennies, on assiste régulièrement à la découverte d’espèces exotiques en milieu naturel. Ces dernières ont été relâchées, volontairement ou involontairement, du fait des contraintes de détention et/ou de l’inattention de certains propriétaires. Le relâché d’une espèce exotique en milieu naturel peut avoir des conséquences désastreuses, que ce soit pour l’animal en lui-même, ou pour l’écosystème.

Pourquoi ne faut-il pas abandonner une espèce exotique dans la nature ?

  • Relâcher votre animal dans la nature, c’est le condamner à la mort dans la majorité des cas. Une espèce exotique, déplacée hors de son lieu d’origine, est fragile et demande des conditions de vie spécifiques pour survivre (température, alimentation, soins). Elle ne peut s’adapter seule à un nouvel environnement inconnu et décédera quelques semaines après avoir été relâchée.
  • Certaines espèces exotiques ont un potentiel invasif et peuvent devenir envahissantes. Elles sont ainsi capables de s’adapter à leur nouvel environnement, de se reproduire et de se disperser, engendrant un impact négatif sur les écosystèmes et les espèces locales. Elles impactent les milieux naturels de différentes manière :
    • par prédation, en se nourrissant d’autres espèces locales (œufs, petits, adultes) ;
    • par compétition, en se nourrissant des mêmes proies et/ou en utilisant les mêmes habitats que les espèces locales les privant de ces ressources vitales ; 
    • par transmission d’agents pathogènes, ces espèces étant parfois porteuses saines de maladies mortelles pour les autres espèces locales. 

Les espèces exotiques envahissantes peuvent également avoir un impact sur la santé humaine et sur l’économie mondiale. Aujourd’hui on estime que les coûts économiques engendrés par les espèces exotiques envahissantes dans le monde s’élèvent à près de 1 300 milliards de dollars depuis 1970*.

Si vous souhaitez acquérir un animal de compagnie exotique, il est capital de vous renseigner au préalable sur l’espèce, ses conditions de vie et les contraintes liées à son accueil, avant de vous engager dans une démarche d’achat responsable.

Communiquer pour sensibiliser

Dans le cadre des actions de sensibilisation du programme LIFE CROAA,  la Société Herpétologique de France met à votre disposition des affiches de sensibilisation, ainsi que deux vidéos explicatives sur la problématique du relâché d’espèces exotiques dans la nature :

  • [Vidéo] Tout savoir sur les invasions biologiques (à venir)
  • [Vidéo] Prévenir le relâché d’espèces exotiques envahissantes (à venir)

*High and rising economic costs of biological invasions worldwide. Christophe Diagne, Boris Leroy, Anne-Charlotte Vaissière, Rodolphe E. Gozlan, David Roiz, Ivan Jarić, Jean-Michel Salles, Corey J. A. Bradshaw et Franck Courchamp. Nature, le 31 mars 2021. https://doi.org/10.1038/s41586-021-03405-6

Le projet LIFE CROAA

Le projet LIFE CROAA (LIFE15 NAT/FR/000864) se donne pour objectif d’améliorer l’état de conservation des populations locales d’Amphibiens autochtones, affaiblies par la présence d’espèces d’Amphibiens exotiques envahissantes. Il a pour but :

  • d’identifier et d’appliquer une stratégie optimale de lutte contre les Amphibiens exotiques envahissants. Deux espèces présentes en France sont particulièrement ciblées : la Grenouille taureau (Lithobates catesbeianus) et le Xénope lisse (Xenopus laevis) ;
  • de prévenir l’introduction de nouvelles espèces exotiques d’Amphibiens en sensibilisant les différents acteurs concernés ;
  • de veiller en élaborant un système de détection et d’évaluation précoce, basé sur la mise en réseau des acteurs locaux et l’expertise des gestionnaires et des scientifiques ;
  • de communiquer, d’informer et de former les différents publics sur la problématique des espèces exotiques envahissantes, afin de faciliter l’acceptation des opérations de contrôle, limiter le risque de dissémination et constituer un réseau d’alerte ;
  • de diffuser l’approche générique développée au cours du projet.

D’une durée de six ans, à partir de septembre 2016, le LIFE CROAA est porté par la Société Herpétologique de France, avec l’appui de sept bénéficiaires associés : le Parc Naturel Régional Périgord-Limousin, Cistude Nature, le Parc Naturel Régional Landes de Gascogne, la Communauté de Communes du Thouarsais, le Parc Naturel Régional Loire-Anjou-Touraine, le Comité Départemental de Protection de la Nature et de l’Environnement du Loir-et-Cher, et l’Université d’Angers.

Pour en savoir plus, rendez-vous ici : www.life-croaa.eu